Les smartphones finiront par s’imposer comme moyen de paiement

Par Benoît Maydat, le lundi 27 avril 2015, classé dans Paiement en ligne

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Si vous saviez tout ce que les gens transportent dans leur portefeuille, vous seriez abasourdis. En 2007, nous avions demandé à des habitants de Tokyo de bien vouloir vider le contenu de leur portefeuille sur une table et de nous en expliquer la nature.

Le nombre moyen de cartes en leur possession était de 28 : cartes bancaires, cartes de crédit de grand magasin, cartes d’identité, cartes de retrait, cartes d’abonnement pour les transports en commun, tickets, cartes de membre, cartes de fidélité, reçus, preuves d’achat… pour ne citer que quelques exemples.

La palme du plus grand nombre de cartes, 36, revenait aux femmes trentenaires. Sans parler de tout le reste : bouts de papier griffonnés, pièces de monnaie, facturettes, boutons, timbres…

Si nous leur avions demandé de faire ça, c’est parce que toutes ces personnes étaient détentrices d’un portefeuille mobile Osaifu-Keitai. La solution Osaifu-Keitai a été développée par l’opérateur NTT DoCoMo et intégrée dans les téléphones mobiles de cet opérateur à compter de 2004. Plus tard, des licences ont été émises pour permettre à d’autres opérateurs mobiles – Vodafone (désormais Softbank) – d’utiliser cette technologie.

La principale raison pour laquelle toutes ces personnes avaient adopté ce service de portefeuille mobile était simple : elles souhaitaient alléger le contenu de leur portefeuille, voire se débarrasser complètement de l’objet lui-même. Lorsque nous les avons rencontrées, il était clair qu’elles étaient loin d’y être parvenues ! Beaucoup craignaient notamment de se trouver à cours de batterie et donc dans l’impossibilité de régler leurs achats. Une crainte pourtant infondée puisque la batterie n’était pas nécessaire pour effectuer les paiements, mais révélatrice des enjeux auxquels se trouve confronté le portefeuille mobile.

Si elles estimaient que ce service avait encore une marge de progrès, elles trouvaient en revanche suffisant l’écosystème de magasins et de sociétés de transport y participant, celui-ci englobant en effet non seulement les paiements, mais également les systèmes de points bonus et les titres de transport en commun.

Et si aujourd’hui nous renouvelions l’expérience avec ces mêmes personnes, que constaterions-nous ? Que rien n’a changé !

Pourquoi ? Que s’est-il donc passé ? La vague smartphone a déferlé sur le monde !

Le portefeuille mobile japonais a été lancé avant l’avènement du smartphone et lorsque les smartphones ont fait leur entrée au Japon, ceux-ci n’étaient pas équipés de la solution Osaifu-Keitai. Voilà pourquoi cette solution en est restée au point mort.

La raison qui nous pousse à inclure, presque une décennie plus tard, le portefeuille numérique parmi les 10 dernières tendances de consommation pour 2015 et au-delà est que les smartphones sont aujourd’hui en passe de pouvoir offrir un service similaire : non seulement au plan technologique, mais aussi au plan de l’écosystème, celui-ci étant désormais suffisamment vaste pour que les gens puissent utiliser ce service dans leur vie quotidienne.

48 % des personnes interrogées préfèreraient utiliser leur téléphone pour régler leurs achats. 80 % pensent que le smartphone remplacera complètement le portefeuille d’ici 2020.

48 % des personnes interrogées préfèreraient utiliser leur téléphone pour régler leurs achats.
80 % pensent que le smartphone remplacera complètement le portefeuille d’ici 2020.

En d’autres termes, nous voilà de retour dix ans en arrière, là où tout a commencé, à la différence que le service s’inscrit aujourd’hui dans une perspective mondiale et que les consommateurs, comme le révèle notre étude, se montrent plus enthousiastes que jamais !

A cela vous m’opposerez peut-être l’argument qu’il est impossible de changer ses habitudes de consommation. Mais, mon avis est, qu’au final, on obtient toujours ce que l’on veut. Alors, puisque notre téléphone ne nous quitte jamais, où que nous allions, pourquoi ne l’utiliserions-nous pas pour régler nos achats ?

À propos de Benoît Maydat


Benoît Maydat est Consultant en Stratégie Digitale pour Ericsson France. Diplômé de l'Université de Glasgow en Economie et titulaire d'un Master Intelligence Economique et Communication Stratégique, il est consultant pour Ericsson France depuis Septembre 2012.

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