SDN : la fin du monde propriétaire dans les télécoms

Par Jean-Pierre Soulès, le mercredi 26 février 2014, classé dans MWC14,Opérateurs

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Si l’on devait caractériser  en quelques mots les tendances chez les opérateurs télécoms, on pourrait citer : optimiser, simplifier et automatiser les fonctions réseau. La tâche des constructeurs consiste donc à leur fournir des solutions dans ce sens. Au premier rang de celles-ci arrive le SDN (Software Defined Network).

Dans les grandes lignes, passer du monde propriétaire au monde ouvert. Une véritable révolution dans les télécoms. La clé : découpler l’aspect matériel (traitement physique des paquets) du côté logiciel (commandes et contrôle). On obtient alors un équipement découpé en deux  niveaux : le « forwarding plane » (aspect matériel) et le « control plane » (aspect logiciel). Si les échanges entre ces deux niveaux sont normalisés, alors la notion de « propriétaire » saute. De plus, ces fonctions de commande et de contrôle peuvent constituer un logiciel commun à tout un réseau : le contrôleur. C’est le but du SDN. Pour les opérateurs, les avantages sont multiples, à commencer par des réductions de coût, puisque qu’ils peuvent choisir des équipements du marché et même avoir un réseau hétérogène.

Ericsson propose évidemment sa solution entièrement fondée sur les standards. Ainsi, pour les échanges entre le contrôleur et les équipements physiques, le constructeur a opté pour OpenFlow, le protocole défini par l’ONF (Open Network Foundation). Son contôleur s’appuie sur le projet Open Daylight défini par la Linux Foundation. Dans ce schéma, toute l’intelligence et les initiatives sont prises par le contrôleur, qui traduit en termes réseaux les besoins des applications tant concernant la couche IP que le transport optique (d’où l’accord récent conclu avec Ciena). Grâce au contrôleur, il est possible de programmer l’exécution automatique de telle ou telle opération, sans avoir à intervenir sur chaque équipement.

Pour l’exploitant, le SDN apporte donc une automatisation des tâches d’exploitation et une plus grande réactivité : la création d’un nouveau service, par exemple, se comptera en jours plutôt qu’en semaines, puisque les configurations requises seront directement répercutées sur les équipements.

Il peut n’y avoir qu’un seul contrôleur pour les petits réseaux ou deux niveaux de contrôleurs dans les grands : l’un ayant une vue globale du réseau et définissant notamment les routes à suivre pour établir une connexion ; les autres limités à une vue plus locale et prenant en charge directement les matériels.

Encore au-dessus, se situe le service d’orchestration qui joue le rôle de passerelle avec le système d’information lui-même et règle le ballet des machines virtuelles, notamment, afin de savoir où se trouve telle ou telle application.

À propos de Jean-Pierre Soulès


Journaliste pendant 15 ans à 01 Informatique et précédemment formateur, Jean-Pierre Soules est aujourd'hui free lance. Il collabore régulièrement à Réseaux et Telecoms, Clubic Pro et IT For Business.

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