Franck Bouétard, Président d’Ericsson France: « L’heure est aujourd’hui plus aux services qu’au réseau »

Par Jean-Pierre Soulès, le lundi 25 février 2013, classé dans 4G LTE,Haut Débit,Réseaux mobiles,Stratégie

« Nous avons plus que doublé notre chiffre d’affaires entre 2009 et 2012 et nous sommes passés de 700 à 1400 personnes » déclare Franck Bouétard.

Selon vous, quelle est le principale différence entre le MWC2013 et la version 2012 ?

L’an dernier encore, nous étions très orientés réseau. Aujourd’hui, nous mettons plus l’accent sur les services, pour aider les opérateurs à  les créer et à les gérer. Cette stratégie est illustrée par quelques unes de nos annonces. Par exemple, celle relative au Mobile Order Management destiné à permettre aux opérateurs de les proposer plus vite à leurs clients. Autre exemple, Experience Centric Management Services vise à mesurer de bout en bout la qualité des services fournis jusqu’à l’utilisateur final. Cela suppose évidemment une adaptation du réseau pour qu’il soit plus dynamique, plus réactif. Cette transformation passe notamment par une nouvelle architecture fondée sur le Service Provider SDN (Self Defined Network), avec une infrastructure virtualisée, donc plus flexible et basée sur le Cloud.

Y a-t-il des innovations  technologiques?

Avant de développer une nouvelle technologie radio, mieux vaut améliorer et tirer le meilleur parti de celles qui existent déjà et dont nous n’avons pas encore exploité toutes les possibilités. Par exemple, nous annonçons l’antenne Air 32. Elle est multifréquences, multi-technologies et intègre une station de base. Il y a aussi l’intégration du Wi-Fi dans le réseau, avec Wi-Fi Gateway, qui est la poursuite du Wi-Fi Offload annoncé l’an dernier. Cette fois, le Wi-Fi n’est plus une pièce rapportée, mais il fait partie du réseau. Dans une petite cellule, c’est le réseau qui choisira la technologie la mieux adaptée au type de trafic. Ainsi, la 2G suffira pour la voix, la 3G pour des données et le Wi-Fi pour de lourds transferts ou la vidéo. De cette manière, les ressources sont mieux utilisées.

Mais ne parlez -vous pas de 5G ?

Entre la 2G et la 3G, il y eu un saut technologique, tout comme entre la 3G et la 4G. Mais pour la 5G, ce n’est pas le cas. Il s’agit plutôt, là encore, de mieux utiliser les ressources existantes. Dans les grandes lignes, plutôt que d’ouvrir une macro cellule LTE, mieux vaut construire des micro cellules, chacune adaptée à une technologie, et la station de base opte pour la mieux adaptée à l’usage (2G, 3G, LTE, …).

Quid du Broadcast LTE ?

L’objectif est d’utiliser le réseau LTE pour diffuser des programmes vidéo via LTE. L’opérateur réserve une partie de la bande passante pour, par exemple, quelques programmes de TV en mode Broadcast et l’autre partie reste en mode Unicast pour le trafic classique : voix, données, etc. Cela permet notamment de diffuser des événements locaux sans déployer une lourde infrastructure. L’opérateur peut changer à sa guise l’utilisation de la cellule en fonction ses besoins.

Ericsson France a fait dernièrement plusieurs acquisitions. Quel est leur but ?

En 2011, nous avons acquis Tridge Group, une SSII française spécialisée dans les systèmes de facturation télécoms, pour nous renforcer dans le BSS (Business Support System). En 2012, ce fut  la division Services Diffuseurs de Contenu de Technicolor. Une démarche logique dans la mesure ou télécoms et télévision sont de plus en plus étroitement liées. Elle entre dans notre stratégie de services managés, cette fois côté diffuseurs. Enfin, nous allons intégrer l’activité télécoms de la SSII Devoteam.  Il s’agit de nous renforcer dans la fusion de plus en plus étroite entre les télécoms et l’IT dans les systèmes opérateurs. De plus, cette activité nous permet d’être plus présents dans l’Ouest de la France et, par conséquent, d’étendre notre couverture.

Donc tout va bien pour Ericsson France?

Nous avions un certain retard sur le marché français, mais nous le comblons. Ainsi, nous avons plus que doublé notre chiffre d’affaires entre 2009 et 2012 et nous sommes passés de 700 à 1400 personnes, tant par croissance organique que par croissance externe.

À propos de Jean-Pierre Soulès


Journaliste pendant 15 ans à 01 Informatique et précédemment formateur, Jean-Pierre Soules est aujourd'hui free lance. Il collabore régulièrement à Réseaux et Telecoms, Clubic Pro et IT For Business.

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