Mobile World Congress 2012 : le village planétaire

Par Jean-Pierre Soulès, le mardi 28 février 2012, classé dans Événements

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Ils sont venus, ils sont tous là…. ou presque. Plus de 1.400 exposants. De 60.000 à 80.000 visiteurs attendus. Un village mondial (à l’échelle de la planète), grouillant de monde. Autant que pour un grand match de foot du Barça. Ou qu’un prix de Formule 1 (proximité du circuit de Catalunya oblige). Au fil des ans, le MWC prend des airs de petit Cebit. La Fiera Montjïc devient trop petite. Des passerelles enjambent les rues pour donner toujours plus de place aux exposants.

Tout fond, au pied de la colline, dominant le site, les deux champions du monde du mobile, que séparent des jeux d’eau. Deux Scandinaves. Ericsson, le numéro un des infrastructures, qui négocie en tête la courbe à haute vitesse de la 4G. En face, Nokia, le leader des terminaux. Si le Finlandais s’est plutôt raté dans le virage du smartphone, au point d’être obligé de mettre du Windows Mobile dans son moteur pour recoller au peloton, il n’en demeure pas moins le leader des terminaux mobiles en termes de parts de marché toutes catégories confondues.

Évidemment, les compétiteurs ne sont pas loin : Alcatel-Lucent, Huawei, ZTE, Cisco… pour l’un. Samsung, LG, Motorola, HTC… pour l’autre. Cette année encore, Apple snobe ses rivaux. De nouvelles figurent apparaissent. Intel, qui vient de glisser son processeur Atom dans de nouveaux smartphones, notamment chez Orange, ZTE, Lava. Il vient défier le champion de la catégorie, l’incontournable Qualcomm qui riposte en présentant la Snapdragon S4. Côté OS, Microsoft répond présent, tandis qu’Android, le petit homme vert, se taille un stand à la mesure de son succès et de ses ambitions.

À côté de ces incontournables se pressent des sociétés qu’on ne voyait pas dans les premiers GSM Congress. Par exemple, les éditeurs de logiciels de sécurité et d’encryption, comme Symantec. Pas étonnant, puisque les données ont largement pris le pas sur la voix dans les réseaux pour mobiles et le piratage guette. 2011 est peut-être l’An I dans le domaine.

Le machine-to-machine est déjà un habitué des lieux. Après les machines à café qui réclament toutes seules qu’on les réapprovisionnent, c’est la voiture électrique qui parle maintenant au nuage. En démonstration sur le stand d’Ericsson, elle gère la recharge de ses batteries, au meilleur prix, en profitant des tarifs réduits.

Les sociétés financières ont, elles aussi, fait le voyage, poussées par le m-commerce et le mpayment. Avec les tentatives de fraudes que cette nouvelle activité suscite. Mais la riposte est prête et certains apportent des solutions. Le jeu et la vidéo sont évidemment de la partie. Mais tout cela est devenu d’un banal…. Sauf que la 4G va peut-être leur donner un sacré coup de jeune. Et le Green IT, tant à la mode depuis quelques années ? Bien sûr, tout le monde suit le mouvement. On réduit la consommation et on participe à la réduction de l’empreinte carbone. Cela va sans dire.

Pourtant, le plus étonnant est sans doute la présence de fabricants de batteries, tel que Duracell. Il est bien là le talon d’Achille de la mobilité : l’autonomie. Bien sûr, il est intéressant que les réseaux et les terminaux soient toujours plus rapides, brassent en un clin d’oeil des monceaux de données. Cependant, si on donnerait à choisir à l’utilisateur entre un terminal moins puissant mais qui tient un mois sans rechargement et une bête capable de tout dévorer, mais qu’il faut sans cesse connecter à la prise électrique… Vers lequel pencherait-il ? En tout cas, celui qui inventera la batterie à longue, longue durée sera probablement plus riche que Bill Gates.

À propos de Jean-Pierre Soulès


Journaliste pendant 15 ans à 01 Informatique et précédemment formateur, Jean-Pierre Soules est aujourd'hui free lance. Il collabore régulièrement à Réseaux et Telecoms, Clubic Pro et IT For Business.

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