Retour sur la journée des investisseurs d’Ericsson à Stockholm

Par Corinne Muller, le mardi 29 novembre 2011, classé dans Événements,Stratégie,Vision 2020

Tout appareil doté de la connectivité cellulaire a besoin d’une licence pour utiliser les brevets Ericsson.

Lors de la Journée Investisseurs (Capital Markets Day ou CMD) d’Ericsson à Stockholm, le Président et CEO Hans Vestberg a confirmé le maintien des perspectives marché telles que présentées en mai dernier. Il a insisté sur le fait que les taux de croissance varieront d’une année sur l’autre et que, comme indiqué dans le bilan du 3e trimestre, Ericsson n’exclut pas une attitude un peu plus prudente de la part des opérateurs en matière de dépenses, en raison des incertitudes économiques dans certaines régions du monde.

Les fondamentaux du secteur restent solides et Ericsson anticipe d’importantes extensions de la couverture en haut débit mobile dans les années à venir. Actuellement, seulement 35 % de la population mondiale bénéficie d’une couverture WCDMA/HSPA. Ce taux devrait passer à 80 % en 2016. Dans le même temps, la couverture du LTE devrait passer à 35 %, contre 2 % à l’heure actuelle.

Le trafic mobile doit son augmentation massive à son utilisation dans des zones à forte densité : 60 % de la croissance du trafic d’ici à 2016 devraient être générés par les agglomérations et les zones urbaines. Actuellement, Ericsson détient 43 % de part de marché dans les villes, si l’on considère la base installée de réseaux mobiles dans les 100 plus grandes villes du monde.

Tout appareil doté de la connectivité cellulaire a besoin d’une licence pour utiliser les brevets Ericsson. Avec 27 000 brevets dans une large gamme de technologies, depuis l’accès sans fil jusqu’à la totalité de la chaîne de valeur des TIC en passant par le WLAN, Ericsson enregistre aujourd’hui un revenu net grâce à ces redevances perçues sur les quelque 90 contrats de licence. De nouveaux appareils voient le jour et d’autres industries entrent dans l’univers de la connectivité. Dans ce contexte, Ericsson a pour objectif d’accroître ses recettes en matière de droits de propriété intellectuelle au-delà des 4,6 milliards de couronnes suédoises nets générés en 2010.

Jan Frykhammar a évoqué les aspects économiques liés à une base installée avec la phase de couverture initiale et la phase d’extension/développement de la capacité réseau

Jan Frykhammar, directeur financier, a expliqué pourquoi Ericsson doit conserver une position financière solide : elle génère de l’activité, permet des fusions et acquisitions ainsi que des investissements dans la croissance future. Jan Frykhammar a évoqué les aspects économiques liés à une base installée : la phase de couverture initiale représente un investissement important en matériel et services de lancement, alors que la phase d’extension/développement de la capacité réseau est davantage axée sur les aspects logiciels et les services spécialisés.

La base installée offre également d’autres opportunités de revenus dans le domaine des services gérés, du conseil, de l’intégration des systèmes et des systèmes OSS/BSS.

Jan Frykhammar a également parlé des objectifs financiers, inchangés, avec des délais moyens de recouvrement des créances clients de moins de 90 jours, des délais de stockage de moins de 65 jours, des délais de règlement de plus de 60 jours et un objectif de taux de conversion en liquidités de plus de 70 %.

Les projets de modernisation des réseaux européens devraient, comme indiqué au 3e trimestre, s’accélérer au 4e trimestre 2011. Tous les projets de modernisation remportés devraient démarrer d’ici au 4e trimestre 2011 ce qui, combiné à la forte croissance des services, devrait avoir un effet de dilution sur la marge brute. Les marges brutes du 4e trimestre sont en outre traditionnellement moins élevées.

Sur la base des perspectives marché exposées en mai dernier, Johan Wibergh, responsable de la Business Unit Réseaux, a présenté une estimation de la taille des marchés et de leurs CAGR (taux actuariel) respectifs pour les principaux marchés d’équipement des réseaux au cours de la période 2010-2015. Pour le marché des réseaux d’accès radio 3GPP, le marché devrait passer de 20 à 33 milliards de dollars en 2015, avec un CAGR de 11 %. L’activité cœur de réseau 3GPP devrait passer de 5 à 7 milliards de dollars, avec un CAGR de 7 %. Les activités réseau d’accès radio et cœur de réseau CDMA devraient, selon les estimations, régresser de 9 à 4 milliards de dollars, avec un CAGR de -15 %. Le faisceau hertzien devrait progresser de 5 à 6 milliards de dollars, avec un CAGR de 4 %. IP Edge devrait passer de 6 à 9 milliards de dollars, pour un CAGR de 8 %. Le domaine Opto Area devrait progresser de 13 à 16 milliards de dollars, avec un CAGR de 4 %.

Les RBS 6000 sont compatibles avec de nombreuses technologies radio comme GSM, WCDMA et LTE

Johan Wibergh a également évoqué le succès de la station radio de base RBS 6000 qui devrait représenter, d’ici la fin de l’année, plus de 95 % de la fourniture totale de RBS par Ericsson. Selon les estimations, la RBS 6000 a permis à Ericsson d’augmenter sa part de marché dans les infrastructures mobiles de 32 % en mai à 36 % aujourd’hui. La RBS 6000 permet une augmentation de capacité de plus de 1 000 %, une amélioration des performances radio de 20 %, une réduction de la consommation d’énergie de 80 %, pour une occupation de 75 % d’espace en moins par rapport aux générations précédentes de stations de base. Johan Wibergh a expliqué en quoi la combinaison unique de matériels et de logiciels conçue par Ericsson permet aux réseaux d’enregistrer des performances supérieures dans les environnements de marché à forte charge de trafic et d’utilisation d’applications.

Rima Qureshi, responsable de la Business Unit CDMA Mobile Systems, a expliqué en quoi les dépenses de CDMA des opérateurs seront impactées par l’écosystème LTE et la rapidité de la conversion au LTE. Ericsson travaillera en liaison étroite avec ses clients pour gérer l’éventuel déclin du CDMA.

Magnus Mandersson, responsable de la Business Unit Global Services, a commenté la position de leader d’Ericsson dans le domaine des services. Avec 11 % de part de marché, sur un marché des services télécoms extrêmement fragmenté, Ericsson est 40 % plus important en taille que son concurrent le plus proche. La croissance continue des services gérés, du haut débit mobile et de la transformation OSS/BSS explique l’envolée des services.

Per Borgklint, responsable de la Business Unit Multimedia, a évoqué l’activité OSS/BSS, domaine de croissance clé pour Ericsson. Solidement implanté dans la tarification et la facturation, Ericsson ambitionne d’acquérir une position de leader mondial en OSS/BSS.

Gilles Delfassy, PDG de ST-Ericsson, a parlé de l’engagement actif de l’entreprise avec sept des neuf principaux fabricants OEM (en termes de CA), avec notamment le succès de la plate-forme U8500 NovaThor auprès de cinq des principaux OEM : Samsung, Nokia, HTC, Motorola et Sharp.

 

À propos de Corinne Muller


Corinne Muller est Directrice de la Communication d'Ericsson France. Diplômée de l'Université Paris Sorbonne, elle occupe les postes de Directrice de la Communication de Compaq puis de Chronopost, avant d'intégrer Ericsson à ce même poste en 2011.

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