Quand Ericsson se met à l’heure de la Silicon Valley

Depuis 2007, Ericsson vit à l'heure de la Silicon Valley en Californie

Depuis 2007, Ericsson vit à l’heure de la Silicon Valley en Californie

Depuis 2007, Ericsson est officiellement implanté au cœur de la célèbre Silicon Valley qui rassemble toutes les entreprises high tech qui façonnent les technologies de l’information et de la communication d’aujourd’hui et surtout de demain. C’est dans le berceau d’entreprises mythiques comme Facebook, Google, Yahoo !, Juniper ou encore Oracle et Cisco qu’Ericsson a organisé début décembre un événement auprès d’une vingtaine de journalistes du monde entier pour détailler ses activités. Retour sur les faits et les tendances du moment.

Avec le rachat consécutif d’Entrisphere et de Redback en 2007 (déjà présents depuis respectivement 1996 et 2000), Ericsson dispose d’une opportunité unique de rejoindre la mythique pépinière technologique de la Silicon Valley, quelque part en Californie entre San Francisco et San José. Comme l’a rappelé Judy Little, Vice Présidente pour la gestion des alliances stratégiques, Ericsson va très vite prendre la mesure de son nouvel environnement. Dès 2008, l’équipementier suédois ouvre un centre de R&D. Lequel est suivi un an plus tard par la création d’unité dédiée au domaine de l’IP & Haut Débit en coopération avec Intel.

A l’heure où la convergence de l’Internet, de la téléphonie et de la mobilité est devenue une réalité tangible, Ericsson entend poursuivre ses efforts et consolider ses relations au cœur de la Silicon Valley. Devant les journalistes présents, Hakan Eriksson (à la tête d’Ericsson Silicon Valley depuis 1 an) a brossé les raisons qui conduisent Ericsson à investir fortement dans cet écosystème économique et technologique unique : « En tant que leader des communications mobiles, Ericsson se devait de se rapprocher du lieu leader en matière d’Internet et de technologie IP. En combinant nos expertises, nous pouvons ainsi continuer à innover et imaginer les communications de demain ».

Plus que jamais, la vision de 50 milliards d'objects connectés en 2020 prend forme dans la Silicon Valley

Plus que jamais, la vision de 50 milliards d’objects connectés en 2020 prend forme dans la Silicon Valley

Hakan Eriksson est notamment revenu sur les données d’un marché en constante explosion. Avec l’apparition des smartphones et des nouvelles plateformes mobiles comme Apple, Android, WP7, Symbian, RIM, le trafic données ne cesse de croître dans des proportions hallucinantes dix fois supérieures à celles de la voix. Rien qu’entre le 2ème trimestre 2009 et le 2ème trimestre 2010, le volume des données transportées a été multiplié par 3 !

Autre point souligné par Hakan Eriksson : la vitesse de transmission des données pour laquelle les réseaux mobiles offrent des performances de plus en plus proches des réseaux fixes actuels. Il estime à cet égard que « 80% des connexions seront établies via un réseau mobile en 2020 ». Des connexions qui iront bien au-delà des traditionnelles communications humaines et qui engloberont la communication de machine-à-machine. Soit l’équivalent de 50 milliards d’objets connectés à l’horizon 2020 selon la vision d’Ericsson.

Transformation à tous les étages

Il n’y a pas que les réseaux qui connaissent des mutations profondes. Hakan Eriksson a particulièrement mis l’accent sur un écosystème encore récent et pourtant déjà terriblement disputé par les acteurs high-tech et plébiscité par les abonnés mobiles : les applications. Apple en propose déjà 300 000 tandis qu’Android en met 100 000 à disposition. Des chiffres qui seront probablement obsolètes d’ici quelques mois tellement la tendance est rapide !

Ce succès n’est pas sans impact sur l’évolution des réseaux qui devront être « intelligents » selon les termes mêmes d’Hakan Eriksson. C’est d’abord le modèle de facturation des services consommés qui va profondément changer. Si pendant longtemps, la voix a imposé une tarification en unités de temps et de distance, les données introduisent un nouveau concept où c’est désormais le poids transféré d’un terminal à un autre qui prévaut. Pour Hakan Eriksson, les revenus voix vont certes continuer à être cruciaux dans les comptes d’exploitation des opérateurs. De 1186 milliards de dollars US encaissés en 2009, ils vont grimper à 1286 milliards en 2015. Toutefois, le différentiel de croissance est moindre comparée aux données qui pèsent 300 milliards de dollars US en 2009 et probablement 586 milliards en 2015.

Les modèles de revenus vont obligatoirement évoluer

Les modèles de revenus vont obligatoirement évoluer

Ces usages croissants appelleront de la part des réseaux des capacités à mobiliser intelligemment leurs capacités et leur intelligence pour faire fonctionner correctement toutes ces applications. L’objectif sera clairement d’assurer en permanence une qualité de service totale et une expérience utilisateur la plus fluide possible. A cet égard, Hakan Eriksson a évoqué la nécessité de disposer d’une densité de couverture radio optimale. Ericsson travaille notamment sur des modèles de pico-stations reliées au réseau de l’opérateur et permettant ainsi d’obtenir un meilleur maillage d’une zone où se trouvent de nombreux usagers.

Pour Don McCullough, vice président Marketing & Communications de la branche IP & Broadband d’Ericsson North America, nul doute que les opérateurs ont réellement une carte à jouer pour profiter de cette opportunité économique. Ces derniers sont en effet au cœur de ce trafic qui grandit et se complexifie en permanence. L’analyste industriel télécoms Ryan Koontz a même estimé que « l’ère du réseau idiot – « dumb pipe » – est révolue. Place au réseau intelligent qui gère le trafic en fonction de différents paramètres ».

Pour répondre à ce défi, Don McCullough juge que les opérateurs détiennent déjà un nombre important de leviers critiques comme l’identité, les données utilisateurs, la connectivité, les systèmes de paiement et facturation, la gestion des différents terminaux, etc. Le fait de maîtriser ces paramètres peut aider l’opérateur à générer de nouveaux revenus. Conséquence immédiate à ses yeux : le marché va progressivement sortir d’une logique de forfaits individuels et de transmission « Best Effort » pour aller vers une tarification évolutive et plus adaptée en fonction des services consommés et avec une qualité de transfert maximale.

Réseaux sociaux et cloud computing au programme

L’usage croissant des réseaux sociaux sur les réseaux fixes mais aussi et surtout mobiles est le sujet tendance dans la Silicon Valley, l’autre étant un sujet connexe tout aussi crucial, à savoir le cloud computing ou l’informatique dans les nuages pour les puristes francophones. Là aussi, Ericsson s’est positionné très tôt en tissant de très nombreux partenariats avec divers acteurs de la Silicon Valley. On trouve évidemment des petites entreprises numériques et des start-ups mais aussi des noms plus célèbres comme Intel, Oracle/Sun, IBM ou encore HP.

Les opérateurs ne sont pas pour autant oubliés. Outre les contrats de modernisation des réseaux récemment annoncés avec Verizon, MetroPCS et Sprint, Ericsson travaille également de concert avec des opérateurs comme AT&T et Sprint. Avec ce dernier, Ericsson soutient par exemple un centre de R&D et de démonstration de technologies M2M. En route pour les 50 milliards d’objets connectés en 2020 !

À propos de Olivier Cimelière


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