Vidéo à la demande : quel avenir pour les télécoms ?

La consommation télévisuelle s'est délinéarisée et individualisée

La consommation télévisuelle s'est délinéarisée et individualisée

 Avec la vidéo à la demande, les consommateurs s’habituent de plus en plus à avoir sur ce qu’ils regardent le même pouvoir de décision que sur les musiques qu’ils écoutent en pouvant désormais regarder où ils veulent et quand ils veulent. Cela constitue une formidable opportunité où Ericsson a des cartes  à jouer, estime l’analyste Martin Olausson du cabinet Strategy Analytics.

C’est en tout cas le point de vue que Martin Olausson a affirmé lors d’un récent séminaire organisé au Business Intelligence Center d’Ericsson à Kista, siège international du groupe Ericsson en Suède. A ses yeux, ce pouvoir de décision du consommateur ouvre de nouvelles perspectives aux opérateurs de télécoms et à leurs fournisseurs. D’après les statistiques, a-t-il ajouté,  les téléspectateurs et en particulier les jeunes adultes sont en train de changer de manière de regarder le contenu de grande diffusion, avec environ 40 % du temps d’écoute utilisant d’autres supports que le téléviseur classique.

« Le divertissement vidéo, par nature « à la demande », et la multiplicité des plateformes de diffusion entraînent le marché dans des territoires inconnus. Il y a actuellement des opportunités considérables de se positionner dans cet espace. » a-t-il commenté.

Depuis que la télévision est passée de la radiodiffusion via un canal unique à la diffusion multiplateforme – et à la demande – le business model a changé. On est passé du « un pour tous » au « modèle ciblé » basé sur un mode de communication plus individualisé. Connaître le téléspectateur devient donc crucial pour personnaliser le contenu… et la publicité. « La télévision devient plus personnelle, un peu comme notre collection de CD, explique-t-il. Chacun se met à choisir et à glaner ce qu’il veut à mesure que s’instaure une relation plus personnelle avec ces ressources et cela change la façon dont les médias doivent considérer la télévision et Internet. »

Martin Olausson pense que les opérateurs de télécoms sont particulièrement bien placés pour offrir des services multiplateformes intégrés et pour permettre l’exploitation des informations sur les clients afin de mieux servir le consommateur et l’annonceur. Des fournisseurs comme Ericsson se doivent de proposer des solutions répondant au besoin croissant de flexibilité des propriétaires de contenu pour atteindre leur public.

En ce qui concerne la jeune génération de téléspectateurs, cibler le contenu et la publicité exige de suivre les consommateurs sur des chemins relativement peu connus. « D’après les statistiques, les 18-34 ans regardent moins la télévision. Or quand on examine les chiffres de plus près, on s’aperçoit qu’ils ne regardent pas moins la télévision, mais qu’ils la regardent autrement, sur d’autres plateformes, explique Martin Olausson. « Ils ne la regardent que 60 % du temps environ sur un écran de télévision classique. Il s’agit souvent de contenus courts et surtout de programmes téléchargés. »

Il s’agit donc pour les annonceurs de suivre ces utilisateurs et de diffuser leurs annonces sur d’autres supports de contenu. Un groupe de média est par ailleurs à la recherche de solutions qui lui permettent de regrouper ses ressources en un endroit d’où il pourra suivre les utilisateurs à travers tous ces supports différents. Il veut aussi pouvoir le faire sans être captif d’un opérateur de télécoms qui lui impose un prix à payer pour être affiché sur ces écrans. »

Pour Martin Olausson, les médias instaurent de plus en plus des liaisons directes avec les appareils utilisés par les téléspectateurs, court-circuitant les agrégateurs de contenu et les prestataires de services pour atteindre directement les décodeurs, les consoles de jeu, les télévisions interactives et les téléphones mobiles.

« Les médias envisagent de transmettre du contenu à tous ces dispositifs à partir d’un centre de distribution virtuel basé sur le principe de l’informatique en nuages. Il reste beaucoup de problèmes à résoudre pour y parvenir. C’est une opportunité exceptionnelle pour Ericsson de s’imposer dans cet espace et d’apporter une solution. »

Martin Olausson, consultant au cabinet Strategy Analytics

Pour mieux connaître quelques solutions multimédia qu’Ericsson propose aujourd’hui, regardez la vidéo (en français) réalisée lors de l’édition 2009 du MIP-TV à Cannes où Ericsson participait activement à la TV du futur :

À propos de Olivier Cimelière


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